7 ans désormais. 7 ans que la flamme s’éteint petit à petit, laissant les espoirs de tous prendre du plomb dans l’aile. À mesure que les week-end passent. Depuis les succès de Blanc avec les Girondins lors de la saison 2008-2009, et le quart de finale de Ligue des Champions en 2010, la flamme s’éteint petit à petit. Six entraîneurs se sont depuis succédés : Tigana (+ Bedouet en intérim), Gillot, Sagnol, Ramé en intérim, et aujourd’hui Gourvennec. Chaque fin de cycle avec ces personnages, donne lieu au même constat : on s’emmerde. On ne voit plus cette grinta des années passées.

Quelques rares souvenirs

Le premier qui vient en tête, le plus vieux, c’est cette incroyable victoire des Girondins, à Saint-Etienne en 2012, sur le score de 2-3. Avec un doublé de notre cher Cheick Diabaté. Vous en souvenez-vous ? Devant des spectateurs médusés par la réussite adverse, ce match pour l’Europe a tourné en faveur d’une équipe bordelaise d’abord timide mais ensuite revigorée par un Trémoulinas des grands soirs, entre autres. Ravi, Francis Gillot peut l’être. Il a permis à son nouveau club d’accrocher un strapontin pour la Ligue Europa.

Le second est le premier fait d’armes de la période Sagnol. La réception de l’ogre monégasque, en 2014. Un match âpre en première période, où les bordelais surfaient sur une bonne période, pourtant, avec deux victoires d’affilée. Grâce à l’ouverture du score de Berbatov à la 44e, Monaco prend les devants juste avant la pause. S’en est suivi, ensuite, une marée Marine et Blanc. Quatre buts en trente-cinq minutes, le premier but de Khazri et Sala à Bordeaux, un doublé de Rolan, et une victoire qui laissa Leonardo Jardim sans voix.
Victoire 4-1.

Le troisième, peut-être, c’est cette splendide victoire à domicile contre le Paris Saint-Germain en 2015, 3-2, pour le dernier FCGB-PSG de l’histoire à Lescure. Un Lamine Sané titanesque, un Khazri omniprésent, un Rolan héroïque et un Kiese Thelin au niveau, tout a souri à des Girondins ayant su prendre à la gorge des parisiens fatigués de leur semaine européenne. Tellement fatigués, que c’est ce jour là qu’Ibrahimovic déclara son fameux « La France ne mérite pas le PSG ». Bisous de la Garonne.

Comment finir ce point sans parler de la victoire en Coupe de France ? Archi favori, Bordeaux l’emporte contre Evian-TG dans un match résolument porté vers l’offensive. Score final 3-2, avec un florilège d’émotions, entre le pénalty raté par Cheick Diabaté, lui, offrant le but de la victoire à la 89e minute… Sacré Cheick.

Dans la course, il y a aussi la victoire de cette année à Lyon (1-3), le match nul contre Liverpool l’an dernier (1-1), pour le reste si on commence à chercher… C’est que ce ne sont pas tant que ça de gros souvenirs.

Un blason bien pâle, bien gris

Le Marine et Blanc est délavé, a perdu de sa superbe depuis 2010 mais a perdu toute couleur depuis Septembre 2015. Neuf matchs. NEUF MATCHS. Et autant d’affronts. En un an et trois mois, les Girondins ont concédés neuf défaites en prenant au minimum quatre buts. Voici, ci-joint, l’ensemble des résumés :

– 29 Novembre 2015 : Bordeaux 1-4 Caen, résumé.
– 23 Septembre 2015 : Nice 6-1 Bordeaux, résumé.
– 27 Janvier 2016 : Lille 5-1 Bordeaux, résumé.
– 7 Février 2016 : Bordeaux 1-4 Saint-Étienne, résumé.
– 27 Février 2016 : Reims 4-1 Bordeaux, résumé.
– 12 Mars 2016 : Toulouse 4-0 Bordeaux, résumé.
– 20 Août 2016 : Toulouse 4-1 Bordeaux, résumé.
– 10 Décembre 2016 : Bordeaux 0-4 Monaco, résumé.
– 17 Décembre 2016 : Montpellier 4-0 Bordeaux, résumé.

Le tout en vous épargnant la défaite contre Angers (1-3 alors que Bordeaux était en supériorité numérique les 2/3 du match) ou le revers à Lyon (3-0), l’an passé. C’est cadeau. Inutile d’incriminer l’entraîneur en place qui a, en majorité, subi ces revers. Willy Sagnol. Les grands revers font partie d’une saison, sont le symbole d’un malaise au sein d’une équipe. En l’occurrence, ici, le malaise est grave. Mais il ne faut pas parler que de ça. Parce que depuis ces 7 ans de malheur, les scénarios sont cousus de fil blanc. Bordeaux s’en sort très souvent, parfois avec la manière, contre les clubs de seconde zone, ceux oscillant entre la 7e à la 14e place. Ils ont, en revanche, toutes les peines du monde à s’en sortir contre les « petits » de ce championnat. En effet, Bordeaux ne réussit pas contre des équipes comme Bastia par exemple. Voici l’historique des matchs sur les huit dernières confrontations (de 2012-2013 à 2016-2017) : 1-0, 1-0, 1-0, 1-1, 0-0, 1-0, 1-1, 1-1. Deux succès, seulement.

C’est un exemple parmi tant d’autres. Il n’y a que contre Lorient (4 victoires sur les 8 derniers matchs) qu’il y a une certaine constance dans le résultat. Contre Reims, à l’inverse, la stat’ est affreuse. Durant le passage en L1 du club champenois, soit quatre saisons, Bordeaux n’a jamais gagné. Les statistiques ne donnent pas réponse à tout, mais dans ce cadre là, la réponse est claire. Bordeaux ne sait pas sortir de son confort et ne fait pas le nécessaire pour prendre les points censés être les plus simples à prendre.

A qui la faute ?

Si ce ne sont pas les joueurs…
Longtemps, le départ des indésirables dont il ne sert plus à rien de citer les noms, a été attendu comme un acte divin. Qui veut de joueurs qui ne valent rien ? Bordeaux est le club qui a montré aux yeux de l’Europe que le travail d’agent sert à quelque chose. Grâce à eux, Poko, Sané, Yambéré et consorts ont quitté le navire.

Capture d’écran France 2 – Compte Twitter @InfirmerieFCGB

Du sang neuf est arrivé, pour alimenter le carburant d’une nouvelle machine, censée propulser le club dans une nouvelle ère et, ainsi, définitivement enterrer la pathologie post-titre de 2009. Seuls Traoré, Carrasso et Plasil sont les survivants d’une épopée dont personne ne s’est jamais remis.

Les points presse, plus personne ne les écoute. Les discours se répètent chaque semaine, à coup de « on s’est dit les choses dans le vestiaire » pile entre un affront contre Monaco (0-4) et… un affront, contre Montpellier (4-0). Les joueurs, de fait, ne sont plus crédibles. Il n’y a toujours pas de leader naturel dans cette équipe, un homme capable de sortir du marasme chacun des membres de cette équipe. Plasil est un faux leader, ce n’est pas son caractère. Sertic n’a pas cette fibre non plus, que reste t-il ? La solution de la grande lessive n’a donc pas suffi, et les nouveaux éléments n’apportent pas ce qu’ils devraient apporter. Nous n’avons de cesse que de le rabâcher. La seule solution, c’est de donner sa vie sur le terrain, comme vient de le dire Plasil en conférence de presse. Mais entre les paroles et les actes, il a un fossé abyssal chez les Aquitains.

Depuis ces sept ans de malheurs, le courant se répète. Les joueurs en place sont bons, partent en général pour plus cher qu’ils ne sont arrivés. Mais les résultats ne sont pas ce qu’ils devraient être. Parce que ces bons joueurs sont d’une terrible intermittence.

Si ce n’est pas le coach…
Faut-il vraiment incriminer l’entraîneur ? À l’image d’un Unai Emery qui, à Paris, peine à mettre en place son projet de jeu, Gourvennec a du mal à trouver sa formule. 4-3-3 ? Ç’a très bien marché contre Nice, pour lamentablement échouer quatre jours plus tard à Montpellier. 4-2-2-2 ? Ça a marché dans l’organisation défensive, pour lamentablement échouer sur le long terme, au vu du niveau extrêmement faible des ailiers Ounas et Touré, suivi de la baisse de forme de Malcom.

Gourvennec, le pragmatique, s’éloigne petit à petit de l’époque Sagnol, même s’il y a de lourds retours à la réalité. La fin de passage de l’ancien défenseur droit a fait un mal fou à la confiance des Girondins : depuis lors, on voit bien des joueurs parfois concernés, parfois volontaires, mais toujours dépassés quand la pression d’un scénario vient les oppresser. Il faut du temps à l’entraîneur en place pour le laisser agir. Après tout, Rome ne s’est pas construit en un jour.

Si ce ne sont pas les dirigeants…


Ils sont la proie favorite des détracteurs locaux mais il n’y a rien à leur reprocher sur les deux dernières périodes de mercato. Depuis des lustres, Bordeaux attend des pointures ou des jeunes prometteurs. Ces joueurs, sont venus. Malcom, Kamano d’un côté, Toulalan, Ménez de l’autre. Ces quatre nouvelles signatures sont le fruit d’un travail conséquent mené par la cellule mais aussi par Ulrich Ramé. Les dirigeants ont mis l’aval. Impossible de les incriminer sur les deux derniers marchés. Surtout que Bordeaux s’active pour le mercato hivernal.

Ce qui énerve, c’est la communication horripilante d’un président qui semble de plus en plus dépassé par la situation. Situation qu’il prend avec une légèreté incroyable lors de toutes ses apparitions médiatiques. Nicolas de Tavernost, lui, est plus concerné par les événements. L’actionnaire majoritaire du club, rappelons-le, quittera ses fonctions en 2018 lorsqu’il quittera le directoire de la chaîne M6. Peu de chances de voir le club être vendu avant. En faisant le constat, depuis 2009, tout le monde est parti. Hormis trois joueurs, et les dirigeants…

Pour en finir, si ce ne sont pas les joueurs qui le font, à nous de rallumer la flamme. Parce qu’il ne faut pas se leurrer, le désamour pour cette institution s’accroît d’année en année. Et pas que dans le rayon national. Il y a bientôt sept ans, Bordeaux aurait pu rentrer dans l’histoire en allant en demi-finale de Ligue des Champions, affronter le Bayern Munich battu précédemment deux fois en poule, et ainsi regarder l’Inter de Milan droit dans les yeux en finale. Au lieu de ça, les Girondins ont perdu toute leur superbe, tombent dans l’oubli et s’enlisent de plus en plus dans le ventre mou d’une molle Ligue 1. Amis, réveillez-vous !!!

Une rédaction AG qui aime son club.