Suite à l’accord entre la LFP et l’A.S Monaco pour que le club princier verse la somme de 50 millions d’Euros à la Ligue afin de régulariser sa situation fiscale, sept clubs français, menés pas le président des Girondins de Bordeaux, Jean-Louis Triaud, se sont élevés contre cette décision avec la ferme volonté de la faire annuler. C’est dans ce cadre-là que le site Football365.com a interrogé en exclusivité le président du club bordelais afin qu’il puisse s’expliquer sur sa position de mener ce mouvement contestataire pas aussi minoritaire qu’il ne semble l’être.

Jean-Louis Triaud est un homme affable et le démontre dès le début de l’entretien quand il explique que de nombreux clubs professionnels avaient voté favorablement pour l’établissement du siège social de  l’A.S  Monaco sur le territoire français, et ainsi se mettre en règle avec la fiscalité des autres clubs de l’élite, mais qu’il n’arrivait toujours à comprendre leurs revirements pour ce nouvel accord qui ne convient nullement à ses yeux. Argumentant, chiffre à l’appui, qu’un joueur évoluant sur le rocher coûte actuellement entre deux et trois fois moins cher en salaire que dans le cas où ce même joueur évoluerait sous le maillot marine et blanc, il ajoute qu’avec la certitude de disputer régulièrement la Ligue de Champions, le club princier n’aurait aucun soucis à récupérer cette somme.

Sans en faire non plus une question d’argent, puisqu’un déménagement de leur siège social sur le territoire français résoudrait selon lui le problème de manière définitive, le président girondin ajoute que l’équité est la chose la plus importante dans une compétition et que le président de la Ligue, Fréderic Thiriez, ainsi que son conseil d’administration sont complètement fautif dans cet histoire. Ces derniers ne prendraient pas en compte l’ensemble des taxes imposées aux clubs professionnels et cela sans parler de la taxe à 75% instauré voici quelques mois  et que de nombreux clubs ont aussi contesté.

Arguant que sans avantages fiscaux l’Olympique Lyonnais avait ramené de nombreux point à l’indice UEFA française, le président bordelais conclu l’entretien en indiquant que  le dialogue n’est pas rompu avec qui que ce soit mais que de nombreux clubs française, dont le Paris-Saint-Germain, seraient prêt à soutenir le mouvement si cet accord avait une chance de pouvoir être cassé. Les prochaines semaines nous diront si le mouvement du président Triaud pourra obtenir gain de cause et changer une situation que dure depuis près de 80 ans.

Voici un extrait des propos de Jean-Louis Triaud :

Jean-Louis Triaud, que se passe-t-il ?
Monaco joue depuis quatre-vingt ans de le championnat de France. Mais c’était à une époque où il n’y avait pas les méfaits de l’arrêt Bosman. Les championnats étaient limités à trois étrangers. Maintenant, ils peuvent en avoir autant qu’ils veulent. Ensuite, les salaires et les charges sociales n’étaient pas les mêmes. Aujourd’hui, si un joueur gagne 100 000 euros net par mois à Monaco, ça coûte 110 000 euros à Monaco. A Bordeaux, ce serait 280 ou 290 000 euros tout compris.

Mais pourquoi dénoncez-vous cet accord ?
Depuis le début, on est un certain nombre de clubs. La Ligue avait d’abord voté pour obliger Monaco à avoir son siège social en France. Tout d’un coup, il y a des revirements que je ne m’explique pas. Aujourd’hui, je trouve que l’accord qui a été pris ne nous convient pas. Dans sa forme et dans le fond. Aujourd’hui, on estime que l’avantage sur une seule saison est de cinquante millions d’euros. Si on rajoute une place à peu près garantie en Ligue des Champions, en qualification directe, c’est 25-30 M€ en plus. Ils sont assurés de les percevoir à peu près tous les ans. Pour les clubs de ce niveau-là, cet accord ne nous paraît pas satisfaisant. Il ne faut pas se tromper, on n’en fait pas une affaire d’argent. On veut juste qu’ils disputent le championnat dans les mêmes conditions que nous. Là, on parle de sept clubs qui ont agi. Mais il y en a d’autres qui partagent notre analyse. On n’est pas sept contre quarante. Ils vont peut-être nous rejoindre.

Êtes-vous allé chercher le PSG ou sont-ils venus à vous ?
Le hasard des rencontres, ça a été fait naturellement. En plus, on a joué contre eux il n’y a pas longtemps. Avoir le poids de Paris, c’est important. Je peux juste dire que ce n’est pas Paris qui a pris les devants. L’idée de base, c’est de faire casser cette décision qui ne nous semble pas juste et équitable. Après, la porte est ouverte au dialogue. Quand on dispute le 100 mètres, il ne faut pas qu’il y en ait un qui parte avec dix mètres d’avance. On n’a jamais parlé de chiffres.


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