Obraniak

La page bordelaise est désormais tournée pour Ludovic Obraniak. Son aventure sous le maillot Marine & Blanc n’aura duré que deux ans, fait de hauts et de bas. Une chose est certaine en cette fin janvier, les Girondins ont perdu un joueur talentueux.

Il y a des recrutements qu’on a du mal à comprendre, d’autres qui ressemblent à des paris, celui de Ludovic Obraniak entre dans une dernière catégorie : les valeurs sûres. Au moment d’annoncer sa signature en Janvier 2012, le club fait plus d’un heureux parmi les supporters. Le gaucher a une belle réputation, du talent et de l’envie à revendre. A 6 mois d’un Euro à domicile, Obraniak qui fait banquette la plupart du temps à Lille, a besoin de temps de jeu. Ça tombe bien, Francis Gillot et Bordeaux ont besoin d’un milieu droit pour renforcer une équipe qui sort de plusieurs mois difficiles. Barré par Hazard ou Joe Cole à Lille, Obraniak arrive en fin de contrat en Juin, et est une excellente affaire à bas prix pour les Girondins (1 M€). Après quelques jours de négociations les dirigeants font signer l’international polonais le 12 Janvier 2012. Ainsi nait la romance entre Ludo et le club aquitain. Une patte gauche de velours, un regard de braise, des analyses intelligentes, Bordeaux est sous le charme du Polonais qui arborera le maillot numéro 4 (en hommage à son pote du LOSC Florent Balmont).

L’effet Obra se fait immédiatement ressentir sur les bords de la Garonne. Le derby contre notre rival toulousain tourne à notre avantage (2-0) et d’un coup franc millimétré dont il a le secret Obraniak ouvre son compteur but à Chaban-Delmas pour son premier match à domicile. Seulement un mois après son départ, notre milieu de terrain retourne dans le Nord, sous le maillot bordelais cette-fois ci. C’est un dimanche après-midi glacial à Lille, mais ni le froid ni le pedigree de l’adversaire (Champions de France en titre) ne décourageront les Girondins. Les lignes de touches en rouge, le short bordelais pas assorti au maillot, le décor n’est pas fantastique, mais le match va l’être. Buteur, Obraniak est un des artisans du succès girondin qui se dessine (1-4), avant l’improbable retour du LOSC. Et puis, il y a cette dernière attaque dans les arrêts de jeu, ce centre de Mariano dévié par Sertic, et cette frappe croisée de notre héros qui nous offre les 3 points les plus mémorables de la saison (4-5) ! Sur sa lancée d’un départ réussi, il va réaliser six premiers mois de très bon niveau à Bordeaux et participe grandement à la conquête de la 5ème place permettant in extremis au club de retrouver l’Europe (avec 1 but contre Rennes et 3 passes décisives contre Auxerre (2) et Sainté dans le sprint final).

A l’été 2012, alors que Paris attire Ibra, Bordeaux continue de s’enflammer pour Obra. Décisif et déterminant en début de saison. Sa frappe splendide à Evian reste l’un des plus beaux buts bordelais de la saison (2-3), il donne ensuite la victoire aux Marine & Blanc face à Rennes (1-0), avant d’aller chercher le penalty victorieux dans les dernières secondes du barrage d’Europa League totalement fou face à l’Etoile Rouge de Belgrade (3-2). Il participe aux 13 premières journées de L1 avec un bon bilan à son actif (4 buts et 3 passes décisives) avant de se blesser. Son absence se fait ressentir et Bordeaux pourtant très bien dans le coup vit un mois de décembre pénible. Les Girondins enchainent les nuls et les matchs sans saveur notamment à domicile (2 0-0 contre Saint-Etienne et Troyes), orphelins de leur maitre à jouer.

L’hiver arrive sur Bordeaux et croise Yoan Gouffran qui s’engage à Newcastle. Jussiê a également pris la poudre d’escampette, et Ludo se retrouve « privé » de deux acolytes offensifs. Le Polonais semble mal digérer ces départs et le manque d’ambition d’une équipe qui s’est affaiblie. L’attaque des Marine & Blanc est dépeuplée et Février amorce le déclin des joueurs de Francis Gillot qui lâchent totalement prise en championnat. Buteur à Kiev, Obra participe au bon parcours des Girondins en Europa League. Moins décisif, il pèse peu sur les débats depuis quelques mois, quelle que soit sa position (axiale ou latérale). Néanmoins il remplira son palmarès à Bordeaux. Il prend part à 5 rencontres de Coupe de France pour un but (contre Raon l’Etape). Vainqueur de ce trophée avec Lille en 2011, il récidive en jouant toute la finale la veille de son mariage. Candidat au départ depuis cet été, Ludovic Obraniak avait visiblement des envies d’ailleurs. L’étranger, la Bundesliga ou le championnat russe avaient été évoqués pour notre (ex)-numéro 4. Il restera finalement 6 mois de plus en Gironde, le temps de nous offrir deux buts exceptionnels à Nice et Saint-Etienne, un but de renard à Lyon et une folle chevauchée victorieuse contre Montpellier. Son influence et son envie ont, au fur et à mesure de son aventure, diminué, le départ de Jaroslav Plasil le dernier jour du mercato estival a été un nouveau coup dur pour lui, qui montrait depuis quelques temps beaucoup de signes d’agacement et de frustration. De plus en plus critiqué, pour des ballons dangereux perdus (but encaissé contre Toulouse), un manque de vitesse et d’investissement, Obraniak ne trainera plus sa peine à Bordeaux. Espérons pour lui que l’herbe soit plus verte à Brême, et qu’il retrouve toutes ses qualités trop partiellement aperçues cette saison

L’histoire retiendra qu’il a joué 91 matchs sous le maillot au scapulaire pour 16 buts (dont 15 du gauche !) et qu’il a distribué 13 caviars. L’ancien lillois avait sans doute perdu la flamme et l’énergie qu’il avait en arrivant en Gironde il y a deux ans déjà, deux ans seulement… mais de bons souvenirs à Bordeaux il laissera, alors pour tout ça merci Ludo et « Powodzenia* ».

* bonne chance en polonais



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  • Guy40

    Bonne chance à toi Ludo pour la suite de ta carrière. Personnellement, je te regretterai, même si tu étais un peu moins bien ces derniers temps. Tu as quand même fait tes preuves et Bx perd avec toi son dernier bon technicien et tireur de coup-francs. Je pense que tu aurais même pu prolonger si le club avait montré qu'il tenait à toi en te présentant un projet sportif cohérent et ambitieux. Et dire que tu es parti contre une indemnité dérisoire.
    L'occasion pour moi de pousser un énième coup de gueule contre Triaud. Bx a fait venir Obra il y a 2 ans pour rééquilibrer un côté droit déficient (c'est sûr qu'avec Faubert maintenant, on est paré à toutes les éventualités, surtout les mauvaises). Aujourd'hui, il n'est plus question de cela. Une nouvelle preuve, selon moi, que Triaud marche à côté de ses pompes et entraîne le club dans sa médiocrité de gestionnaire. Dans le même registre, je ne pense pas non plus que Hoareau va prolonger en juin, compte tenu de l'absence de qualification européenne qui semble se profiler. Et que dire de Tresch parti à Sainté, alors que Triaud attend toujours que l'agent du joueur le contacte pour lui faire une proposition ! Pendant ce temps, Sainté recrute Tresch avec son salaire pris en charge par Kiev (du moins en partie). Pauvre Bx devenu la risée de Ligue 1, des journalistes, des joueurs et dédaigné par les anciens de la maison. Aux Perpigna, Christian Alvarez (à l'initiative de la pétition avec plus de 4000 signatures, dont la mienne), Nico, David et autres anciens comme Duga, Liza d'essayer d'insuffler un espoir pour remonter le club des profondeurs où Triaud et M6 l'ont fait tomber. Dire que la direction actuelle n'a jamais voulu fleurir la tombe de MONSIEUR BEZ !