Montpellier Hérault Sporting Club 4 – 0 FC Girondins de Bordeaux (18ème journée de Ligue 1)

La feuille de match

Montpellier : Pionnier – Deplagne, Hilton (Rémy 89′), Saint-Ruf, Congré – Camara (Sylla 87′), Sanson, Shkiri (Marveaux 82′), Lasne – Sessegnon – Mounié

Bordeaux : Prior – Gajic, Lewczuk, Pallois, Contento – Plasil (c), Sertic (Arambarri 72′), Vada (Rolan 61′) – Malcom (Kamano (62′), Laborde, Ménez.

Buts : P. Lasne (13′), S. Séssegnon, (28′), S. Mounié (84′), Y. Sylla (90+2′).

Avertissements bordelais : I. Lewczuk (19′), G. Sertic (66′).

Expulsion : J. Ménez (38′).

Le résumé

Oh Paul, comme tu as raison de te moquer de Jérémy Ménez ! Si ce n’est évidemment pas son intention de base, la photo est parfaite dans ce contexte. Tu as le droit de te moquer de ton club formateur qui t’a laissé partir alors que ce soir, tu as incontestablement été le meilleur sur le terrain, à des années-lumières du moins pire joueur girondin. Tu nous auras tout fait, comme en témoigne ton premier but sur un travail splendide de Morgan Sanson ! Après tout, c’est sans doute bien mérité : toi, tu as travaillé ! Tu as fait honneur à ton maillot, tu t’es dépensé, tu t’es bougé pour les supporters qui étaient venus à la Mosson. Tu avais envie. Envie, cinq lettres que les Bordelais ne semblent pas connaître. Et que nous ne semblons pas connaître non plus, par extension. Après tout, qui a envie de se casser la tête à écrire un résumé (comme il aurait été facile d’écrire un résumé de trois lignes expliquant qu’en faisant ça, nous nous mettons à la hauteur de ce que nous avons vu sur le terrain !) ou des notes pour des joueurs qui se fichent éperdument du temps que l’on passe à aller au stade, à regarder le match, à écrire des articles, à repartir du stade, de l’argent que l’on dépense pour payer sa place au stade ou son abonnement télévisuel ? Et pourtant, nous avons visiblement plus envie qu’eux ne l’auront jamais.

Combien de temps devra-t-on continuer à faire l’autruche ? A dire que tout cela n’est qu' »une question d’immaturité », « n’est qu’un accident », un accident qui dure quand même depuis pas mal de temps ? Mais tout va bien, nous avons gagné 3-2 contre Nice, il y a une « prise de conscience » dixit Jocelyn Gourvennec en conférence de presse… Magnifique prise de conscience que celle vue ce soir, en prenant le même score que la semaine dernière contre Monaco ! Et avec la même prestation. Aucune envie, deux buts pris en début de match dans un laps de temps de cinq minutes… Et le clou du spectacle, le carton rouge de Jérémy Ménez. Au bout de trente minutes, le match est plié ! A quoi bon jouer, alors… Ce qui fâche, c’est que l’on n’a même pas arrêté de jouer à ce moment-là, quand le match était fini. Pour arrêter, il aurait déjà fallu commencer. Qu’il est rigolo de parler de caractère pour une équipe qui se bouge dans les cinq dernières minutes du match pour mettre deux buts à Dijon… En revanche, quand il faut se réveiller pour essayer de marquer un but face à un autre adversaire, il n’y a plus personne ! L’équipe est en réaction oui, mais en réaction modérée tout de même… Pas plus d’un but, on risquerait de se fatiguer. Et puis s’il y a deux buts d’écart, on n’essaye pas de réduire la marque avec détermination, non, on s’arrête de jouer exactement comme lorsqu’on s’arrête lorsqu’on gagne par un but d’écart.

Pour résumer : on ne joue pas lorsqu’on a marqué un but, on ne joue pas quand il y a match nul, on ne joue pas quand on perd. Les Girondins jouent-ils un jour ? Comme il est facile de se réfugier derrière des excuses à tous les matches, arguant que ce n’est qu’une mauvaise passe que traversent tous les clubs… Ma foi, cela fait visiblement bien longtemps que Bordeaux traverse celle-ci ! Mais après tout tout va bien, nous en sommes à la 18ème journée et nous n’avons pris que quatre fessées, et encore, nous n’avons pour l’heure jamais pris plus de quatre buts ! Et Montpellier a bien mis 3-0 au PSG, c’est une raison suffisante pour légitimer le fait d’en prendre 4 ce soir sans jamais jouer. Jouer l’autruche est une pratique visiblement courante dans ce club, qui minimise tout et se plaît dans un confort qui fait que tous les joueurs, sauf rares exceptions, n’ont rien à faire de défendre le blason du club. Et cela continue saison après saison, coach après coach… Peut-être faudrait-il se poser les bonnes questions ? A chaque fois, on nous fait croire que le problème n’est que conjoncturel, mais force est de constater qu’il est bien plus que cela. Alors que l’effectif est censé se renforcer, nous ne cessons de prendre des scores de tennis au cours de la saison, à coup de 4-0 et de buts encaissés en tout début ou en toute fin de match. Il semble évident que le problème est bien plus profond, et est structurel : ce club est mou, tranquille, et nous pourrions perdre quatre matches d’affilée par six buts d’écart que l’on pourrait justifier aisément ces problèmes, tout en les légitimant et en les minimisant évidemment.

Et que devons-nous faire, nous, supporters ? Continuer d’applaudir, parce que certains estiment que c’est ce que doit faire un supporter ? Appliquer la même politique que celle vue dans la communication du club, à savoir faire comme si tout allait bien ? Applaudir des joueurs qui se prennent 4-0 en n’affichant aucune volonté de se battre ? Allons-y messieurs, continuons. Ne nous révoltons jamais, acclamons les joueurs, la situation actuelle du club qui semble ne choquer personne. Bordeaux est un club tranquille, des supporters aux dirigeants. Cela ne gêne personne et tout, ou presque, peut se passer sans que l’immobilisme ambiant ne se dégrade. Combien doit-on encore en prendre pour espérer un jour que les choses bougeront d’un iota ? Combien de soirées encore gâchées pour des joueurs qui ne démontrent une nouvelle fois aucune combativité ? Évidemment, tout n’est pas de leur faute : dans un autre contexte, ils se bougeraient sûrement plus. Mais Bordeaux est un club tranquille, ça oui. En partant de ce postulat, pourquoi faire le plus quand on peut se contenter de faire le moins ?

La trêve arrive, et même si l’on doit prendre une énième valise face à Nice, cela ne choquera personne, et on continuera dans un positivisme qui n’existe que pour cacher les problèmes bien plus profonds de ce club, qui est assurément malade malgré quelques coups d’éclats, quelques espoirs pourtant rapidement dilapidés quelques jours après. Pep Guardiola peut venir, il ne tirera rien de ce club dans l’état actuel, c’est une certitude. Bordeaux est dixième ce soir.