Jean-Louis Triaud/Alain Deveseleer

Invité de l’émission Soir de Foot sur la radio officielle du club : Gold Fm, le président des Girondins de Bordeaux : Jean-Louis Triaud a répondu aux questions d’Alain Bauderon et à celles des supporters. Le dirigeant bordelais a bien évidemment, pendant cet entretien, évoqué le mercato du club au scapulaire, abordant le cas de l‘attaquant d’Arsenal : Yaya Sanogo et celui d’un milieu de terrain, sur lequel le président n’a pas voulu s’attarder. Voici un extrait des déclarations du dirigeant girondin :

Concernant le mercato : « On fait un constat, c’est qu’au départ on a un groupe qui est assez bien équipé. La seule incertitude c’était les sélections pour la CAN. Cinq joueurs nous ont quitté, un a été opéré : Cheick Diabaté, et on sait déjà, comme ils sont de 4 nationalités différentes qu’ils n’iront pas tous en finale, il ne peut y en avoir que deux en finale. On espère pour eux qu’ils aillent le plus loin possible, mais pour nous qu’ils soient éliminés le plus tôt possible. Ces départs nous handicapent. Après, compenser ces départs par des arrivées est toujours un exercice difficile. Pourquoi ? Parce que si ça se trouve, comme je viens de vous le dire, y en a qui sont partis pour 3 semaines et qui vont rentrer très vite. Donc le jour où ils rentrent, l’entraîneur qui a déjà 26 joueurs dans son vestiaire va se retrouver avec 30 ou 31 joueurs, ça fait beaucoup. Malgré tout, il y avait l’inconnu de Cheick Diabaté. Lui on sait qu’il en a pour 3-4 mois minimum. On cherche à se renforcer au niveau d’un attaquant. C’est un secret de polichinelle, on travaille l’arrivée de Yaya Sanogo. »

Est-ce que vous êtes optimiste, parce que Wenger dit qu’il préférerait qu’il reste en Premier League ? : « Il préfère, ça ne veut pas dire qu’il a décidé. Un joueur ce n’est pas une marchandise. On ne l’envoie pas à droite ou à gauche sans qu’il adhère un minimum au projet. Le joueur s’est clairement exprimé auprès d’Arsène Wenger pour dire qu’il voulait venir à Bordeaux en prêt. »

Donc lui il veut venir, c’est une certitude ? : « C’est une certitude, il l’a fait savoir au manager d’Arsenal. Je pense que si Arsène réfléchit un peu, nous on a essayé de lui faire passer des messages. On lui a dit, écoutez, c’est un garçon, même s’il est en Angleterre depuis quelques mois, il n’est peut-être pas très fluent en anglais, dans la langue ; il va changer de club, dans un autre club anglais, le temps de s’adapter pour 6 mois, il va perdre son temps. Alors que s’il vient en France, il connaît le championnat, il parle français, il connaît l’entraîneur. Tout ça, c’est même pour Arsenal un côté séduisant pour le développement et la progression de ce joueur. C’est vrai que s’ils le prêtent à un club londonnien, l’avantage qu’ils ont s’il reste en Angleterre c’est de l’avoir à 5 minutes pour l’observer et le suivre. Enfin, Bordeaux n’est pas si loin que ça de Londres. Donc on travaille pour le faire venir. »

Qu’est ce qui a fait que c’était Sanogo ?: « A cette époque de l’année, le mercato est très calme et les joueurs transférables et qui puissent être prêtés ne sont pas légion non plus. Donc assez vite, Willy Sagnol s’est positionné sur Sanogo, le contact a été établit, le joueur a manifesté son intérêt. On va à fond sur cette piste. »

Maintenant c’est quand ? Pour Monaco il serait là ? : « L’objectif c’est de l’avoir licencié au club pour Monaco, mais de là à vous dire qu’il sera sur le terrain… Il faut 48h de délais avant l’obtention de la licence. Donc ça peut aller très vite. On a demandé à ce qu’Arsenal nous tienne au courant. J’ai déjà eu des contacts en direct avec eux. Ils m’avaient donné comme date de réponse, demain ou mercredi. J’ai dis que dans le contexte j’aimais autant mardi que mercredi. Ils sont avertis, maintenant on attend le retour. »

Quel est votre pourcentage d’optimisme sur ce dossier ? : « J’en sais rien. J’en ai aucune idée. Pour l’instant, l’option Bordeaux est le choix de Sanogo. Si demain c’est le Real Madrid qui téléphone à Wenger pour un prêt, peut-être que le gamin va changer d’avis. Mais jusqu’à maintenant dans toutes les options qui se sont proposées à lui, la plus séduisante a été Bordeaux. Donc s’il doit y avoir prêt et que le gamin fait clairement part de sa volonté à Arsène Wenger, on peut penser, raisonnablement, qu’il y ait une chance pour qu’il vienne à Bordeaux. »

Est-ce qu’il y a des pistes de secours si cela échoue ? : « Oui, mais c’est toujours pareil, quand t’as une piste principale en tête, les autres te paraissent moins séduisantes. »

C’est plus difficile à accélérer après ? : « Pour le match de Monaco oui. Le mercato va jusqu’au 31 janvier. »

On parle d’un attaquant, à priori il y aurait peut-être un milieu ? : « C’est possible. On travaille une piste. J’en dirai pas plus parce que c’est pas la peine de donner plus d’infos ou de fausses joies ou des indications. Mais on travaille une piste pour un joueur de milieu. » Didier Digard ? : « Non mais ça je vais te dire non. » Filip Bradaric ? : « Je ne sais même pas qui c’est. Personne ne nous a jamais parlé de ce garçon. Je n’ai pas entendu son nom prononcé ici par qui que ce soit. Personne n’en a parlé, ni Jérôme Bonnissel, ni la cellule, ni Willy Sagnol. J’ai même lu qu’on avait fait une offre. Ca c’est l’agent, le club qui ont tout intérêt à faire circuler ce genre de rumeurs pour accélérer peut-être le dossier et qui sont en train de travailler avec un autre club. C’est du baratin tout ça. »

Quel est le profil de ce milieu ? : « C’est un milieu axial. La meilleure définition qu’on peut donner d’un milieu dans le football c’est ce que disent les anglais, c’est à dire un garçon qui est capable de faire du « box to box », des 18 mètres aux 18 mètres. C’est celui qui a le plus gros terrain de jeu. »

Pourquoi autant de prêts sans option d’achat ? On a pas l’argent ? : « Il faut savoir qu’Ilori a été acheté entre 7 et 8 millions d’euros, et quand il y a un prêt avec option d’achat c’est des prêts payants. Nous on a eu un prêt qui n’est pas payant, donc il n’y a pas d’option d’achat puisqu’à 8 millions d’euros, pourquoi faire ? Il y a des fois où il faut se contenter d’un prêt, puis trouver d’autres sources de recrutement pour la saison suivante. »

Pas plus judicieux de recruter pour préparer la saison prochaine ? : « Tout est possible, mais encore faut-il qu’il y ait des opportunités. Il se trouve qu’elles sont rares à cette période de l’année et particulièrement sur ce mercato, c’est le calme plat. Nous avons une stratégie bien claire c’est de le faire quand c’est possible, la preuve on l’a déjà fait avec Obraniak et Mariano, et d’être efficace sur le court terme si les circonstances l’imposent. »

Aujourd’hui c’est forcément des prêts ? : « Il y a des gens qui travaillent chez nous, ils sont 3, ils y passent beaucoup, plus l’entraîneur qui de son côté travaille. Plus tous les agents qui nous téléphonent pour nous faire les propositions les plus extraordinaires qu’on puisse imaginer. Mais il n’y a rien de séduisant. »

Retranscription réalisée par ActuGirondins