Le président des Girondins, Jean-Louis Triaud interrogé pour RMC, fait le point sur la situation financière de son club, les rumeurs qui font état d’un départ de l’actionnaire M6, parle de l’avenir incertain du football hexagonal et revient sur l’affaire Trémoulinas.

Jean-Louis Triaud, un mot d’abord sur la situation de Benoit Trémoulinas, en garde à vue après avoir refusé un test d’alcoolémie…
Il a peu d’excuses, si ce n’est son âge (26 ans quand même). Il faudra qu’il assume devant la justice. Au niveau du club, il y aura aussi une sanction financière. Parce que je pense que ça touche plus les joueurs lorsqu’on tape au portefeuille. Si on leur dit : « Tu ne joueras pas le week-end prochain », ça lui permettra de sortir une fois de plus parce qu’il sera libre ! Donc autant le sanctionner financièrement.

Bordeaux (9e) a raté une occasion de revenir sur les équipes de tête, le week-end dernier contre Nice (1-2)…
Nous sommes nos principaux adversaires avec un départ de saison catastrophique en termes de résultats, même si la manière n’était pas mal. On n’a pas su saisir les saisons qui se présentaient. Chaque fois qu’on avait l’occasion de revenir parce que devant nous ça foirait, on a foiré aussi parce qu’on n’a pas voulu être désagréable avec eux ! Voyez le match contre Nice… Mais ce n’est pas trop la bonne méthode pour progresser.  C’est le reproche que je fais à notre effectif. On manque les rendez-vous importants.

Les résultats financiers en 2012 (des pertes supérieures à 10 millions d’euros) n’incitent guère à l’optimisme…
Il y a des pertes significatives à Bordeaux comme dans d’autres clubs. Quand vous sortez d’un titre de champion, il y a forcément une inflation des salaires si vous voulez conserver vos joueurs qui sont en renégociation de contrat. Financièrement, la participation à la Ligue des champions est indispensable. Lille a connu la même chose cette année. C’est ce qui fait dire à beaucoup de présidents que la meilleure place est celle de 2e !

Votre actionnaire va-t-il continuer à vous soutenir ?
M6 a toujours dit qu’il s’investirait durablement. Ça fait 13 ans que ça dure. Ils viennent de déposer un chèque de 20 millions d’euros dans le projet du stade de Bordeaux. Ce n’est pas tout à fait l’attitude d’une actionnaire sur le départ.

Imaginez-vous un avenir pour le club sans M6 ?
Bordeaux ne pourrait sûrement pas vivre avec son train de vie actuel sans M6. Sans eux, on n’aurait jamais été champion de France. On ne pourrait pas entretenir le même standing, mais je vous rassure, la question ne se pose pas.

De nombreux clubs traversent une passe économique difficile…
L’économie du foot français est préoccupante. Les droits télé ont été renégociés dans des conditions acceptables, mais malgré tout à la baisse. Le foot français vit au-dessus de ses moyens. La raison majeure, c’est le niveau de salaires des joueurs. Mais on ne peut pas bâtir des équipes compétitives sans payer les joueurs. La concurrence a eu un impact inflationniste. Dans une période de crise, la fréquentation des stades est plus faible, les partenaires sont moins nombreux, tout le monde regarde à la dépense. Le foot n’est pas une priorité dans le quotidien. Il y a de quoi être inquiet pour l’avenir.

Que proposez-vous ?
L’idéal serait d’arriver à un système où le salaire de base serait légèrement significatif par rapport au commun des mortels, mais avec une part variable en fonction des performances. C’est difficile à mettre en place parce qu’il y aurait une distorsion entre les joueurs au sein même d’une équipe.



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