Willy SAGNOL

23 Mai 2014, une rumeur qui courait dans la presse depuis plusieurs jours est confirmée : Willy Sagnol devient bien le nouvel entraîneur des Girondins de Bordeaux. Venu dans l’ombre d’un Zinedine Zidane, longtemps annoncé en Gironde, le sélectionneur de l’équipe de France espoir succède ainsi à Francis Gillot. Un an après, il est temps de tirer des enseignements sur sa première saison à Bordeaux.

La rédaction a aimé …

Ce n’était pas une tâche facile d’arriver à Bordeaux l’été dernier. En effet, comme évoqué en introduction, la rumeur (fondée) sur Zinedine Zidane a attiré tous les regards. L’ex meneur des Bleus était annoncé et son refus final a fait beaucoup de déçus en Gironde… C’est dans ce contexte là qu’est arrivé Willy Sagnol. D’entrée pourtant, l’ancien latéral du Bayern va en séduire plus d’un, avec son discours franc, simple et offensif ! Des mots et une certaine ambition qui apportent un souffle nouveau après des derniers mois très pénibles avec Francis Gillot. Heureux d’être là, Willy Sagnol a, on le rappelle, préféré le challenge girondin à un contrat à Lyon.

Avec 3 victoires en autant de matchs, notre coach réalise un début de championnat idéal. Dès les premiers matchs, son apport est indiscutable. Il n’hésite pas à changer les choses quand il sent son équipe en difficulté. On se souviendra notamment de l’entrée en jeu de Plasil pour Diabaté à la pause du match face à Monaco (4-1). Plusieurs fois cette saison, Willy Sagnol aura tenté de faire bouger les choses après 45′, et certains comme Wahbi Khazri (à Guingamp) ou Cédric Yambéré (à Lille) en ont même fait les frais avant le retour au vestiaire. C’est une certaine prise de risque appréciable chez un entraîneur qui n’est pas borné et qui sait corriger ses propres erreurs.

A plusieurs reprises cette saison, Willy Sagnol a changé de systèmes et ne s’est pas contenté de mettre en place un seul schéma. En 4-3-3, en 3-5-2 ou en 4-4-2 losange, les joueurs se sont adaptés et Bordeaux a su en profiter, que ce soit pour s’adapter à l’adversaire ou le surprendre.

Sélectionneur de l’équipe de France espoir avant d’arriver en Gironde, Willy Sagnol avait l’étiquette d’un homme qui faisait confiance aux jeunes. Sur les bords de la Garonne, il a été fidèle à sa réputation. Il a notamment révélé Thomas Touré, qu’on attendait pas forcément à un tel niveau, a donné du temps de jeu à certains vainqueurs de la Gambardella (Kaabouni et Crivelli en tête), a lancé dans le grand bain plusieurs joueurs (Guilbert, Soni, Djigla…), et a offert sa chance à Cédric Yambéré. S’il n’est plus tout jeune, le défenseur central doit beaucoup à Willy Sagnol et lui a rendu sa confiance, malgré certains matchs ratés.

Que ce soit avec les jeunes ou avec les plus anciens, il a également su fédérer son groupe. L’hommage de Diabaté après son but à Amiens et les larmes qui ont suivi, l’accolade avec Sertic qui allait rentrer, sur le but contre Lille, resteront notamment comme des images fortes de la saison…

Hormis l’énorme couac contre Lyon, notre entraîneur a réussi tous ses grands rendez-vous, en s’offrant le scalp du PSG et de l’OM et en réussissant les adieux à Lescure et la première au Nouveau Stade. A chaque fois, Willy Sagnol a rendu hommage au public et aux supporters. Un respect et une affection mutuels qui, on l’espère, dureront.

Pour terminer, la qualification européenne, via la 6ème place de Ligue 1 avec un total de 63 points, est, à elle seule le signe d’une première saison réussie !

… mais a moins aimé

Si cette qualification européenne plaide en faveur de Willy Sagnol, tout ne fût évidemment pas parfait cette saison. C’est sans doute logique pour une première « vraie » expérience sur un banc. Ne nous le cachons pas, plusieurs fois, nous nous sommes demandés quelle mouche l’avait piqué à la lecture de ses compositions d’équipes. Pour surprendre (?), notre entraîneur a, à plusieurs reprises, choisi un 11 de départ très étonnant. Si par moment il a eu raison, le bilan comptable au final n’est pas bon. C’est surtout pour les grosses affiches que Willy Sagnol a décidé d’aligner une équipe « bis ». Si à Saint-Etienne ou à Lyon plus récemment, le point du nul est venu récompenser son audace, à Paris ou à Lille notamment, ces choix ne se sont pas du tout avérés payants.

Notre entraîneur a également connu une réussite contrastée dans son mercato, puisque plusieurs de ses cibles ne sont jamais arrivées pour des raisons indépendantes de sa volonté (Rose, Sanogo, Chalobah), d’autres ont signé sans convaincre, du moins jusqu’à aujourd’hui (Contento et Kiese Thelin)…

La gestion de certains cas particuliers est également un point noir de la saison de Willy Sagnol. Malgré les nombreuses blessures qui ont touché la défense, Marc Planus est resté très longtemps placardisé. Une fois sur le terrain, notre numéro 27 a été loin d’être le plus mauvais, mais n’a jamais semblé avoir la confiance de son entraîneur, qui lui a malgré tout permis de vivre de beaux adieux. Même si ses prestations ont été en dessous de nos attentes, Grégory Sertic est resté éloigné de l’équipe pendant plus de 2 mois. Une mise à l’écart aussi soudaine qu’inattendue, pour un joueur passé de vice capitaine, à 5ème ou 6ème choix à son poste, arrivant même derrière des joueurs plus qu’irréguliers (Poko, Traoré), ou évoluant ailleurs sur le terrain (Yambéré). Même s’il est revenu sur la fin de saison, difficile de vraiment comprendre cette longue traversée du désert. Un nom qui conviendra bien également à la seconde partie de saison de Thomas Touré. Très utilisé les premiers mois, le Franco Ivoirien a certes été blessé, mais alors qu’il s’entraînait normalement les dernières semaines, il ne fût plus rappelé dans le groupe par Willy Sagnol. Pourquoi ? Seul lui doit le savoir…

Enfin pour chercher « la petite bête », remarquons quand même, que malgré son discours offensif et ses 10 points de plus, Willy Sagnol termine avec une attaque qui aura marqué 47 buts, soit 2 … de moins que la saison passée. La faute, à une équipe qui n’a jamais su se mettre à l’abri (aucune victoire par plus d’un but d’écart depuis la 3ème journée…) ! Une équipe privée de plusieurs éléments offensifs (Diabaté et Jussiê en tête) et qui ne pouvait sans doute pas faire mieux… comme l’a (trop) répété Willy Sagnol !

Au final, nous retiendrons quand même plus de positif que de négatif de la première saison de Willy Sagnol sur le banc girondin ! La prochaine démarrera plus tôt et il y aura l’Europe à géré en plus, un défi supplémentaire pour une saison qu’on espère encore plus belle !



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