Incroyable, éreintante, houleuse et finalement heureuse, nombreux sont les adjectifs qui pourront qualifier cette saison 2011-2012. Après deux années blanches et traumatisantes, tout le monde a bien cru qu’on allait signer un nouveau bail exclusif avec la L1. C’était sans compter sur un final incroyable conclu par 6 victoires consécutives et un coup du sort pour une fois favorable à notre équipe avec l’effondrement de nos concurrents directs, Rennes, St Etienne et Toulouse. Après le nul assez piteux à Nancy au cours de la 32ème journée (2-2 avec une égalisation à la 89ème sur un pénalty de Trémoulinas) on pensait les Girondins en vacances. Avec 10 pts de retard sur le rival toulousain alors 5ème qui pouvait imaginer un retour comme l’ont fait les hommes de Gillot (qui pourrait rapidement devenir un personnage emblématique du club s’il continue sur ce tempo) ?

La saison a pourtant débuté de la pire des manières que ce soit, 1 point après 3 journées et une série catastrophique de 8 matchs consécutifs à domicile sans victoire ! Une série brisée le 26 novembre (!!!) par une victoire face à Caen. Oui Bordeaux a touché le fond en 2011, avec une 18ème place au soir de la 14ème journée (Dijon 2-0) et des performances très inquiétantes comme face à Toulouse 3-2 après avoir mené 2-0 (6ème journée) à Nice (3-0, 10ème journée) et surtout cet invraisemblable match aller face à Montpellier où Bordeaux se fait remonter de 2 buts dans les arrêts de jeu alors que la victoire nous tendait les bras (9ème journée). L’état d’alerte est alors décrété. Certains joueurs se décident à prendre leurs responsabilités comme Cédric Carrasso. Fini de parler, désormais c’était sur le terrain que les choses devaient changer. Déjà irréprochable depuis son arrivée, le gardien bordelais a montré des qualités de meneur d’homme incroyables et a maintenu à lui tout seul l’équipe a flot pendant de nombreux matchs méritant largement le titre honorifique de meilleur joueur de la saison. Au passage il a montré à tous ceux qui le jugent surcoté que sa place de 3ème gardien en EdF était largement en deçà de sa valeur.

Malgré un mercato d’été plutôt judicieux avec les arrivées pour 0 euros de Nguemo et Maurice-Belay (véritable révélation girondine de la saison), Bordeaux a surfé sur la vague de l’échec dans laquelle il s’est engouffré à partir de février 2010. Les cadres ne répondaient pas présents, à l’image d’un Ciani complètement à côté de ses pompes pendant la moitié de la saison. Que dire de Ben Khalfallah censé remplacer un Yoann Gourcuff (nous n’avons jamais été dupe) et qui depuis 2 saisons compile les stats pour postuler pour le pire transfert de l’histoire du club ? Ça reste le dernier transfert des Girondins à ce tarif (4,5 millions d’euros !). Chalmé, Bellion, Traoré, viennent compléter la liste de nos joueurs qui ont perdu le niveau… Je serais tenté d’y ajouter Diabaté… Mais il est tellement énigmatique qu’il mérite une année de plus pour juger réellement de son cas. Il s’est montré si maladroit un nombre de fois, mais également si décisif (le doublé a Sainté, celui de Toulouse où on ne peut pas trop lui reprocher le retour toulousain)… Soyons patients (mais pas trop !!)…

Enfin voilà 2012… Le club se décide à recruter. Exit Chalmé qui sera désormais cantonné au banc de touche et bom dia Mariano ! En provenance de Fluminense le latéral droit arrivé pour 3M€ ne tardera pas a s’intégrer, 1er match à Chaban et 1ère passe décisive pour NMB pour une 1ère victoire en 2012. L’autre arrivée (et quelle arrivée !!!) provient du champion en titre lillois qui pour une bouchée de pain nous cède Ludo Obraniak. Il fête sa 1ère titularisation par un superbe but sur coup franc. Gillot transforme son système en un 5-3-2 pas très glamour mais qui a le mérite de solidifier la défense et de dynamiter celles des adversaires avec les deux mobylettes qui nous servent de latéraux. Mais le tour de magie de Gillot réside dans sa capacité à modifier ce système lorsque cela s’imposait. Du coup nos adversaires ne savaient plus sur quelle compo ils allaient tomber. Une superbe leçon tactique ! L’équipe renoue avec les succès alors qu’on lui prédisait une nouvelle fois d’être dans la charrette alors que les mois de février et de mars se profilaient a l’horizon avec leurs lots d’adversaires compliqués à gérer (Toulouse, Lille, Lyon, Montpellier, Paris)… Contre toute attente Bordeaux tient tête à tous ces adversaires et ne s’incline que face au futur champion Montpelliérain et produit un match incroyable face au LOSC où l’a aussi nos joueurs nous ont fait passer par toutes les émotions alors que l’on menait 4-1. Score final 5-4 avec un dernier but d’Obraniak (auteur d’un doublé) à la 94ème minute qui aura fini de justifier son transfert (si une justification était encore nécessaire !). C’est malheureusement face à des adversaires de moindre importance que les joueurs passent au travers avec notamment une série hallucinante de 6pts perdus dans les 5 dernières minutes en 3 journées contre Ajaccio, Paris et Dijon (à la vue du classement final ces 6pts font très mal). Pourtant les motifs de satisfactions faisaient peu à peu leurs retours du côté du Haillan. Un Ciani qui retrouve une taille patron, un Gouffran qui s’affirme comme notre vrai buteur (Merci Laurent Blanc pour ses 2 saisons gâchées à droite), la mayonnaise semblait prendre avec les recrues et laissait entrevoir de bonnes choses. Cependant l’inconstance semble être la meilleure amies des bordelais depuis 18 mois et jamais le club n’a su profiter des situations favorables qui se présentaient à lui. Jusqu’à ce fameux (et comme un symbole) match face à l’Olympique de Marseille. 33ème journée, les Girondins n’ont (pense-t-on) plus rien à jouer si ce n’est l’honneur du maillot et une invincibilité vieille de 35 ans à préserver face au rival phocéen. Les joueurs réalisent un match plein bien que terriblement stressant et l’emportent 2-1 (doublé de Jussiê) et ce pour la 1ère fois depuis la saison 2006-2007. Un vrai plaisir puisqu’en plus de l’emporter on enfonçait un peu plus Marseille dans la crise ! Cette série débute donc sur un match de gala et les Girondins ne s’arrêteront plus jusqu’au soir de la 38ème journée où ils arracheront leur ticket pour l’Europa League, ce qui était inimaginable à peine 1 mois auparavant.

Que penser de cette fin de saison qui peut nous rappeler dans une moindre mesure bien sur, celle de 2009 où les Girondins avaient fini en boulet de canon pour s’emparer du titre ? Est-ce le moment du renouveau ? Pour une fois il semble bien que ce soit parti pour fonctionner. Pour la 1ère fois depuis longtemps le FCGB a su profiter des évènements favorables et hausser son niveau de jeu au bon moment pour accrocher le bon wagon et donner à ses supporters toujours fidèles et PATIENTS une qualification européenne.

Francis Gillot a montré qu’il était l’homme de la situation et malgré un héritage difficile, il a su faire les choix qui s’imposaient (mises à l’écart de FBK, Bellion, Chalmé, recrutement ultra intelligent) pour ramener le club là où il le mérite.

Au final durant cette saison de transition où nous sommes passés par tous les états, est peut-être né un groupe de gagneurs dont la gestion durant le mercato estivale va constituer la clé du succès pour la saison prochaine. Les futurs départs de cadres (Plasil ? Trémoulinas ?) devront être compensés pour avoir une équipe compétitive sur tous les tableaux et en particulier sur celui de la coupe d’Europe. A la vue des clubs mythiques qualifiés pour la prochaine édition il serait dommage de ne pas la jouer à fond et de gâcher les efforts entrepris à la fin de l’exercice 2011-2012.

Espérons que les dirigeants nous entendrons, en tout cas nous avons vibré sur les derniers matchs après 18 mois de matchs sans enjeux ni saveur à Chaban et nous y avons repris goût, donc tous ensemble dès la reprise soyons présents pour chanter haut et fort notre amour pour nos couleurs !

Allez Bordeaux !

Jerem

 

Les + : Gillot, Carrasso, Gouffran, NMB, Nguemo, Obraniak, Mariano, Tremoulinas

Les mitigés : Plasil (Jaro tu étais capitaine cette année !!!), Diabaté, Saivet

Les – : FBK, Chalmé, Bellion, Triaud, M6

 

Crédits photos : sud ouest – sport24



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